LA MALAISIE

Parc national du Gunung Mulu : le trek des Pinnacles

Après quelques jours dans la région du Sarawak pour découvrir le parc national de Bako, nous prenons la direction du Parc National de Mulu afin de faire le fameux trek des Pinnacles.

Comment se rendre dans le parc ?

Depuis Kuching deux possibilités s’offrent à nous :

  • Option 1 : Prendre un bateau pendant 3 jours pour Miri puis un avion pour Mulu
  • Option 2 : Prendre un vol pour Mulu avec une escale à Miri

Nous avons choisi de faire tout le trajet en avion afin de ne pas mettre trop de temps. Le parc n’étant pas accessible par la route, la dernière partie du trajet est obligatoirement par avion.

Le parc est très isolé et ne dispose pas des commodités classiques : Vous ne pourrez pas rejoindre vos logements par vos propres moyens, pas de bus, pas de taxi. Ce sont uniquement des hôteliers qui proposent de faire les navettes depuis l’aéroport. Pas de restaurant à chaque coin de rue non plus, c’est la vrai nature là !

Que faire dans le parc national de Mulu

Il y a beaucoup d’autres choses à faire dans le parc avec un guide ou non, cependant le but de notre venue était de faire le trek des Pinnacles. Une randonnée réalisable obligatoirement avec un guide,DIFFICILE et réputée DANGEREUSE. Honnêtement avec le peu que j’avais lu je ne faisais pas la fière et j’avais peur de ne pas y arriver.

Nous avons choisi de dormir à « Mulu village » un logement pas cher et pratique pour ce que nous voulons y faire. De l’électricité 6h par jour, de l’eau chaude que le matin, mais un petit déjeuner parfait pour commencer la journée et surtout une hôte compréhensive qui nous a autorisé à vider une partie de nos gros sacs à dos pour qu’ils soient moins lourds durant le séjour. Et clairement on était ravies de se décharger un peu vu ce qui nous attendait.

Jour 1 : Balade en bateau, découverte de grottes et randonné en forêt

Rendez-vous à l’accueil du parc pour retrouver le groupe. Nous étions 10 venant des 4 coins du globe. Après quelques minutes de marche nous rejoignons une barque pour 6 personnes pour visiter une première grotte. A priori rien de bien compliqué, mais c’était sans compter sur une rivière à un niveau extrêmement bas ce qui nous a valu de la pousser pied nu dans l’eau à de nombreuses reprises. Drôle et original je dirai. La grotte est impressionnante et les explications du guide très intéressantes. Après une pause pique-nique, on reprend la barque pour arriver au début d’une randonnée de 10 kms à travers la jungle qui nous amènera au camp 5. Une randonnée très agréable et assez simple même si nous avions nos gros backpack sur le dos.

Le camp 5 est rudimentaire mais il ne manque rien. Il y a des douches, des toilettes et un grand dortoir pour la nuit. C’est une sorte de grande cabane en bois sur pilotis avec des tatamis pour s’allonger. Pour quelques RM nous avons pu louer une moustiquaire et dormir sereinement. La cabane étant ouverte nous voulions éviter les insectes. A la fin du dîner nous avons un briefing sur le déroulement de la grosse journée du lendemain. On va se coucher en croisant les doigts : si demain matin il pleut, la randonnée sera annulée car elle serait trop dangereuse. Les rochers sont glissants et coupants et personne ne veut revenir avec une jambe en moins.

Jour 2 : Le grand jour !

Réveil 5h30 pour un départ à 6h. RAS, il fait beau, c’est parti pour l’aventure. Les 500 premiers mètres sont sur du plat…  Mais c’est facile, on a dramatisé ? Et non, nous voilà face au premier challenge. La randonnée est découpée en 4 parties qui doivent être réalisées en un temps maximum. Si le temps est dépassé nous devons redescendre car cela signifie que la fin de la randonnée se ferait de nuit et le manque de visibilité serait trop dangereux.

Premier tronçon, 60 minutes : défi relevé haut la main ! Nous avions tellement la pression de ne pas y arriver qu’on a galopé. Honnêtement ça grimpe, on souffre mais pour le moment on tient le coup. On constate le 1er abandon, une Italienne n’arrive pas à suivre le rythme et préfère renoncer. C’est parti pour le 2éme tronçon, cette fois-ci, 30 minutes d’efforts ! Une autre personne abandonne et préfère redescendre. Nous, on tient le coup ! Étape 3 : 1 heure. La pente est de plus en plus abrupte, on marche presque à 4 pattes. Le rythme du groupe ralenti un  peu voyant qu’on s’en sort pas trop mal mais le niveau de difficultées augmente et on commence à comprendre le danger. Des pentes raides, des chemins étroits, des rochers coupants et glissants et pour couronner le tout des d’échelles pour passer des fossés sans être attachées ! Sur le 4éme et dernier tronçon de 45 minutes… Il faut être super vigilants et prendre son temps mais on s’en sort bien. Au bout de 3h15 « d’escalade », je pense que le terme peut être utilisé vu ce que nous avons grimpé. Nous arrivons au sommet…

On a dit deux fois Waouh ! Waouh on a réussi ! Et waouh c’est vraiment canon! D’énormes formations karstiques à perte de vue. A- t-on vraiment déjà eu un aussi beau spot pour le déjeuner ? Je crois bien que non ! C’était fou. Mais à ce moment là on ne se doutait pas que le plus dur restait à venir. Monter c’était une chose, on est frais, on à de l’adrénaline, un objectif, enfin les conditions parfaites. Mais descendre… On était pas prêtes ! Les jambes tremblantes et à bout de forces nous mettrons plus de 5h pour retourner au camp. Mais nous avons réussi ! Quelle fierté !

Jour 3 : Retour à la réalité

Nous nous levons au petit matin pour faire tout le chemin inverse. Les 10 kms de randonnée pour retourner à la barque sont beaucoup plus compliqués qu’à l’aller ! On se rend compte que le parcours n’était pas si simple et nos courbatures se font bien ressentir. Mais plus rien ne nous  arrête. C’est là qu’est née l’expression « On peut tout faire maintenant, on a fait les pinnacles » 🙂 Nous retrouvons, après le trajet retour en barque, l’entrée du parc pour midi.

Toutes les choses à savoir pour bien préparer son trek :

  • Vous devez OBLIGATOIREMENT réserver à l’avance via le site internet du parc, c’est très simple et cela se fait via ce site, attendez un retour de leur part avant de réserver votre vol. C’est eux qui choisissent la date finale.

     
  • Apportez de l’argent liquide de votre ville de provenance, je ne me souviens pas avoir vu de distributeur dans les alentours. Le prix est de 100e pour les 3 jours et les deux nuits au camp.

  • L’excursion dure 3 jours, vous devrez donc arriver un jour avant et repartir un jour après. Comptez donc 5 jours en tout

  • Vous devez apporter votre nourriture de votre ville de provenance car les repas ne sont pas prévus. Sur le camp vous aurez accès à une cuisine. Cependant attention : comme la nourriture transitera avec vous par avion vous devez respecter les règles classiques si vous n’avez pas de bagages en soute : pas de liquide supérieur à 100 ml, que des aliments secs ou sous vide. Pensez également à prendre des aliments qui donnent des forces et qui se grignotent facilement : amandes, bananes séchés… Vous en aurez grandement besoin!

  • Pour les étourdis : il y a une petite supérette située sur la route entre l’aéroport et le Marriot. Mais c’est vraiment rudimentaire ne comptez pas la dessus pour faire vos courses.

  • Concernant les équipements : Vous aurez besoin d’un petit sac à dos pour le jour J et de bonnes chaussures. Si vous avez des chaussures de randonnées c’est parfait mais des baskets de trails un peu crantées feront très bien l’affaire. Évitez juste les baskets lisses pour ne pas vous mettre en difficultées.

  • Pensez à prendre au moins 2 litres d’eau par personne par jour, vous pourrez remplir vos bouteilles sur le camp à l’issue du jour 1 et du jour 2.

  • Détail qui à son importance : Ne prévoyez pas une excursion au Mont Kinabalu le surlendemain, vous en serez incapable. L’effort est vraiment violent et peu importe votre niveau vous mettrez du temps avant de remarcher normalement…  (nous avons boité pendant 4 jours 🙂 )

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